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lundi 8 septembre 2014

Tout sur la COP20 de Lima

12.000 visiteurs attendus, un coût de 90 millions de dollars pour l'état péruvien. Du 1er au 12 décembre 2014 se tiendra au Pérou la conférence de l'ONU sur le climat « COP20 ». Voici les éléments clef du dispositif.


photo : site de la COP 20 à Lima

Organisateurs : la convention cadre de l'ONU sur le climat (UNFCCC), présidée par Christiana Figueres + l'Etat péruvien

Président de la COP20 : Manuel Pulgar Vidal, ministre de l'environnement du Pérou

Objectifs principaux : (1) accoucher d'un pré-accord sur un protocole international de lutte contre le changement climatique qui serve de base à l'accord devant être bouclé à Paris pour la COP21.
(2) avancer sur le financement de la lutte contre le (et de l'adaptation au) changement climatique.

Participants : les 195 pays signataires de la convention de l'ONU, plus les entreprises et la société civile (associations et ONG).

Le Lieu : quartier général (QG) de l'armée du Pérou, Lima
Le QG de l'armée est utilisé depuis plusieurs années pour accueillir des salons internationaux.

Coûts et bénéfices : l'état péruvien déclare investir 90 millions de dollars, dont 44 millions pour préparer le lieu. Il espère en retirer 130 millions, dont 40 à 45 millions de bénéfices immédiats (hotels, catering...) plus 10 millions de gains touristiques à court terme (source : le site internet de la COP20 )

A noter que les 44 millions de dollars iront dans l'escarcelle de l'organisateur d'évènements français  GL Events (4000 employés, 900 Millions d'euros de CA).

Le village des ONG : « Voice for the climate » // Jockey Club de Lima
Voice for the climate est le dispositif prévu pour la participation de la société civile et pour sensibiliser l'opinion. Il sera hébergé au Jockey club de Lima et ouvert au public.

Le 7 septembre, le site officiel de la COP20 était très maigre en contenus sur la société civile, avec un seul contenu apporté par la société civile : les propositions du « forum international des femmes indigènes ».

Pour suivre la COP 20 :

http://www.cop20.pe site officiel






mercredi 3 septembre 2014

Désinvestir le fossile : une question de santé publique ?



C'est une véritable bombe que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'ONU (par la voix de Christiana Figueres, qui pilote la convention de l'ONU sur le Climat) ont posté, le 29 août. Une bombe pour les entreprises pétrolières et de gaz/charbon. « Les experts médicaux appellent le secteur médical à retirer ses investissements des entreprises d'énergie fossile et à investir à la place sur les énergies renouvelables. C'est une étape pour mieux protéger contre les effet du changement climatique sur la santé » (communiqué de l'ONU ici) Cette déclaration fait suite au premier sommet Climat / santé organisé par l'OMS, du 27 au 29 août 2014 à Genève, et qui avait rassemblé 300 spécialistes.

Désinvestir des entreprises d'énergie fossiles : une question de santé publique ?

Jusqu'à présent, le lien entre santé et changement climatique a été peu débattu sur la place publique et il a été relativement peu « brandi » chez les investisseurs responsables (ISR), qui se sont attachés plutôt au lien entre le changement climatique et les risques opérationnels pour les entreprises (ex : une inondation qui paralyse une usine), ou encore au risque de « réputation » (= d'image). La prise de position de l'OMS et de la directrice de l'UNFCCC Christiana Figueres pourrait changer fortement cet état de fait.

Tout a commencé par une clarification de l'OMS sur l'impact désastreux du changement climatique sur la santé : 250.000 décès supplémentaires par an entre 2030 et 2050. « Les preuves sont accablantes: le changement climatique met en danger la santé humaine », résumait la directrice de l'OMS Margaret Chan, le 27 août. Pour plus de détails sur ces liens, l'OMS a mis en place un aide mémoire climat sur son site.

La directrice de l'OMS a poursuivi sur un discours connu : « Des solutions existent et nous devons agir avec détermination pour modifier cette trajectoire. ». 

Mais parmi les solutions, on ne s'attendait pas à ce que le désinvestissement soit mis en haut de la pile. C'est chose faite, puisqu'il vient d'être publiquement recommandé par Christiana Figueres. Celle-ci n'est pas n'importe qui puisqu'elle est la « patronne » des équipes de l'ONU chargées d'organiser les conférences climat COP 20 et COP 21 (précisément, de la convention cadre de l'ONU sur le climat). Elle participait à la conférence de l'OMS.

"Le désinvestissement est un moyen prometteur de lutter contre le changement climatique et d'augmenter la santé humaine" (Christiana Figueres citée dans le communiqué de presse de l'ONU).

A noter que l'OMS n'a pas pris officiellement position sur un tel boycott (exclusion, diraient les investisseurs responsables).

L'intérêt principal de désinvestir dans le pétrole, le charbon et le gaz ? Il est double, aux yeux de ses partisans. D'abord rééquilibrer les investissements entre les énergies fossiles et renouvelables : aujourd'hui pour un euro dans les enr, il y en a 4 dans les énergies fossiles (selon le WWF). Le deuxième intérêt est scientifique : cela permettrait de conserver sous terre, plutôt que de les brûler dans l'atmosphère, toute ou partie des réserves d'hydrocarbures « nouvelles » : il s'agit de ces gisements non conventionnels, comme le gaz dans l'océan arctique ou au large du Brésil. Non rentables il y a 10 ans, ils sont sur le point d'être exploitées, du fait de l'appétit mondial pour les hydrocarbures. Ces réserves sont depuis peu appelées "unburnable", non brûlables.

Cette prise de position est une très mauvaise nouvelle pour les géants du pétrole, dont le Français Total. Nul doute qu'ils vont affuter une stratégie de communication en riposte. En attendant, les activistes de 350.org, qui sous la houlette de Bill McKibben, appellent les universités américaines et mondiales à désinvestir leurs fonds des « big oil », peuvent se frotter les mains. Le débat est officiellement devenu un sujet de santé publique.

Signe que le sujet  n'est pas en prendre à la légère, l'agence Bloomberg New Energy Finance vient de publier une note sur le désinvestissement dans les énergies fossiles (white paper du 25 août 2014).

Mots clé : investissement socialement responsable, COP21, climat, OMS, Figueres.