Mettre en avant des "solutions" et pas uniquement rechercher un accord international sur le climat : c'est la volonté du gouvernement français et de beaucoup d'acteurs privés et publics, dans le contexte de la conférence climat Paris COP21. Un des principaux outils est le "Hub des solutions", qui servira de socle à une exposition au Grand Palais. Parmi les quelques 200 solutions inscrites, celles qui mettent comme thème prioritaire "le travail" sont ultra-marginales. Cherchez l'erreur ?
Le hub des solutions climat
Formidable. Sur le site web plateformesolutionsclimat.org des solutions épatantes sont présentées par des entreprises et des associations : réparties sur 12 catégories (énergie, se loger, s'alimenter, travailler...), elles permettent de diminuer les émissions de CO2, et/ou de mieux recycler, d'affronter le changement climatique ... Epatant, franchement, vous devriez aller y faire un tour. Cela permettra de contrecarrer ces quelques pigeons de mauvaise basse cour qui s'enfoncent dans la sinistrôse.
Une chose interpelle : l'écrasante majorité des proposeurs de solutions (il suffit de s'inscrire et de payer une modique somme pour enregistrer une solution, c'est même gratuit pour les ONG) ont ciblé les catégories Energie (105 solutions), le recyclage (38), le logement (37) ...
Se divertir ? 7 solutions.
Travailler ? 6 solutions, c'est la catégorie la plus vide.
Oui, bien sûr, installer des éoliennes, des panneaux solaires, des centrales thermiques des mers, isoler les logements, cela créé des emplois. La croissance verte crée des emplois et le travail est transversal.
Transversal, mais rare.
Est-ce que la place du travail dans les solution climat pose problème ?
Est-ce que les solutions au problème climatique ne devraient pas embarquer une réflexion de fond sur le travail ?
Il existe un point d'entrée parmi d'autres pour réfléchir : c'est le fait qu''une partie des "jobs" de la croissance verte sont des emplois à faible qualification qui sont portés par des structures... formidables et subversives, les entreprises d'insertion de l'économie sociale et solidaire. C'est le cas par exemple dans le recyclage, voir pour l'isolation des bâtiments.
L'autre partie des emplois est géniale, mais chiche : ingénieurs, bureaux d'études, quelques postes en maintenance.
Les Entreprises d'insertion embarquent des contrats qui ne sont ni CDI ni CDD, mais CDDI ainsi que des chargés d'insertion. Qui est au courant ?
Une lecture simpliste, ou intuitive, de la réalité de ces chiffres (6 solutions sur le travail, 105 pour l'énergie) serait la suivante : la croissance verte ne crée pas assez d'emplois. D'où l'urgence d'inclure dans la réflexion un nouveau partage du travail... ou à défaut, un revenu d'existence.
Et si on ne fait rien ? Bienvenue à Gettaca. Verte, Gettaca.
vendredi 15 mai 2015
vendredi 17 avril 2015
Holacratie, futur de la RSE ?
Après agilité, résilience, économie circulaire et bien sûr écosystème, l'holacratie voudrait être un des futurs "buzzwords" de l'organisation (innovante) des entreprises. La Responsabilité sociale des entreprises (RSE) pourrait y trouver son compte. Sauf que le concept, qu'on pourrait (abusivement?) résumer par une organisation décentralisée et participative, semble .... légèrement verrouillé par iGi Partners.
"Scarabée Biocoop est l’une des plus grandes coopératives du réseau Biocoop, située à Rennes. Et ca y est, depuis cette année, la coopérative fait partie des entreprises libérées avec son passage à l’Holacratie : 1 constitution, 1 raison d’être, 13 cercles, et la liberté retrouvée.
iGi Partners a été missionné par Scarabée Biocoop Rennes pour mettre en place l’Holacratie sur l’ensemble de leur organisation, soit 130 personnes pour quatre magasins (bientôt cinq), 3 restaurants, 1 service traiteur, 1 laboratoire. Un accompagnement sur mesure pour rendre opérationnelle cette gouvernance en cercle qui redistribue l’autorité et rend l’organisation agile et performante".
Cette mise en place (à Biocoop) est l'occasion d'une conférence par iGi Partners qui dévoilera l'Holacratie. Selon son site web cette entreprise "importe l’Holacracy des États-Unis pour une diffusion en France et en Europe (français et anglais). Elle est une des 3 sociétés au monde à pouvoir délivrer des services en Holacracy".
Voici la présentation de la conférence :
"Le XXIe siècle amène la remise en cause de l’organisation pyramidale et des managers. Exit le Taylorisme, place à l’innovation pour que les organisations retrouvent agilité et performance.
Dans un tel contexte, l’Holacratie suscite curiosité et questionnement : une organisation peut-elle réellement fonctionner sans chef ? L’Holacratie supprime-t-elle toute forme de hiérarchie ? L’ossature en cercle est-elle compatible avec les grandes structures ? Les salariés trouvent-ils leur compte en ayant plusieurs rôles versus une fiche de poste ? Est-ce une invention américaine qui convient à la culture française ? Et d’ailleurs Holacratie, comment cela s’écrit-il, quelle racine ? En résumé, est-ce un « Serious Game » ?
Il est temps d’ouvrir le débat, d’écouter ceux qui font, testent, et appliquent déjà au cœur de leur structure cette gouvernance. iGi Partners vous invite à venir échanger sur l’Holacratie, cette technologie sociale qui n’a pas fini de faire parler d’elle."
Parmi les entreprises qui ont déjà goûté à l'holacratie et qui interviendront le 8 juin :
Danone
Kingfisher
Biocoop
Zappos.
"Technologie sociale", vous ne trouvez-pas que cela en jette ? Hola !
Coopérative libérée : Scarabée Biocoop passe en Holacratie
C'est le beau titre du communiqué que nous a envoyé l'agence de communication Emmapom d'Emmanuelle Pometan."Scarabée Biocoop est l’une des plus grandes coopératives du réseau Biocoop, située à Rennes. Et ca y est, depuis cette année, la coopérative fait partie des entreprises libérées avec son passage à l’Holacratie : 1 constitution, 1 raison d’être, 13 cercles, et la liberté retrouvée.
iGi Partners a été missionné par Scarabée Biocoop Rennes pour mettre en place l’Holacratie sur l’ensemble de leur organisation, soit 130 personnes pour quatre magasins (bientôt cinq), 3 restaurants, 1 service traiteur, 1 laboratoire. Un accompagnement sur mesure pour rendre opérationnelle cette gouvernance en cercle qui redistribue l’autorité et rend l’organisation agile et performante".
Conférence PowerShift by Holacratie - Serious Game ? 8 juin 2015
Cette mise en place (à Biocoop) est l'occasion d'une conférence par iGi Partners qui dévoilera l'Holacratie. Selon son site web cette entreprise "importe l’Holacracy des États-Unis pour une diffusion en France et en Europe (français et anglais). Elle est une des 3 sociétés au monde à pouvoir délivrer des services en Holacracy".
Voici la présentation de la conférence :
"Le XXIe siècle amène la remise en cause de l’organisation pyramidale et des managers. Exit le Taylorisme, place à l’innovation pour que les organisations retrouvent agilité et performance.
Dans un tel contexte, l’Holacratie suscite curiosité et questionnement : une organisation peut-elle réellement fonctionner sans chef ? L’Holacratie supprime-t-elle toute forme de hiérarchie ? L’ossature en cercle est-elle compatible avec les grandes structures ? Les salariés trouvent-ils leur compte en ayant plusieurs rôles versus une fiche de poste ? Est-ce une invention américaine qui convient à la culture française ? Et d’ailleurs Holacratie, comment cela s’écrit-il, quelle racine ? En résumé, est-ce un « Serious Game » ?
Il est temps d’ouvrir le débat, d’écouter ceux qui font, testent, et appliquent déjà au cœur de leur structure cette gouvernance. iGi Partners vous invite à venir échanger sur l’Holacratie, cette technologie sociale qui n’a pas fini de faire parler d’elle."
Parmi les entreprises qui ont déjà goûté à l'holacratie et qui interviendront le 8 juin :
Danone
Kingfisher
Biocoop
Zappos.
"Technologie sociale", vous ne trouvez-pas que cela en jette ? Hola !
lundi 30 mars 2015
Une agence fédérale américaine propose de réglementer les nanoparticules
Le 25 mars, l'Agence
américaine de l'environnement EPA (Environmental Protection
Agency) a publié une
proposition de réglementation sur les nanoparticules, qui s'inspire
de la réglementation française. Et qui surprend. Au pays roi
de la réglementation « ultra light », ce serait une
première.
Photo : visualisation de nanomatériaux au microscope
L'EPA propose le
reporting et l'obligation d'enregistrement pour certaines substances
chimiques quand elle sont fabriquées à l'échelle nanométrique.
Voici un extrait du résumé publié par l'EPA :
Ajout du 10 avril : la page de l'EPA (le lien que j'ai mis initialement) a été modifiée, depuis que le préprojet ("prepublication") de réglementation a été transformé. Voir l'actualisation de l'EPA, commentée par la société de conseil juridique Bergeson & Campbell.
Ajout du 10 avril : la page de l'EPA (le lien que j'ai mis initialement) a été modifiée, depuis que le préprojet ("prepublication") de réglementation a été transformé. Voir l'actualisation de l'EPA, commentée par la société de conseil juridique Bergeson & Campbell.
"Spécifiquement,
l'EPA propose d'obliger les personnes qui fabriquent (y compris qui
importent) ou utilisent, ou qui envisagent de produire ou d'utiliser
ces substances chimiques, de notifier à l'EPA certaines
informations, incluant l'identité chimique spécifique, le volume de
production, les méthodes de fabrication, des informations sur les
expositions et délivrances, et tout autres données existantes qui
concernent les impacts environnementaux et sanitaires.
(…)
Cette information
faciliterait l'évaluation par l'EPA de ces matériaux ainsi que
l'identification des actions supplémentaires qui seraient
nécessaires ».
Cette proposition de
loi s'appuie sur la Toxic Substances Control Act (TSCA) qui
autorise l'EPA à demander une telle transparence.
Les nanoparticules
visées sont celles qui « sont fabriquées ou synthétisées
dans une forme telle que les particules primaires, agrégats ou
agglomérés ont une taille entre 1 et 100 nanomètres et présentent des caractéristiques uniques et nouvelles à cause de leur
taille ».
L'EPA a soumis cette proposition typiquement française aux commentaires du public américain, pendant une période de 90 jours.
Crédit photo : Université d'Exeter / flickr / creative commons
mardi 24 mars 2015
Animal social saison 1
Flashback. Trois articles les plus lus du blog Animal social, saison 1 (2010/2013)... Et pour faire le lien entre les deux blogs.
Innovation sociale : la définition de l'OCDE
En 2000, l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) a proposé une définition de l’innovation sociale en tant que « réponses nouvelles aux problèmes sociaux, qui améliorent le bien-être individuel et collectif ». Mais il a fallu attendre 2011 pour que l’organisation issue du Plan Marshall fournisse une proposition de définition… du bien-être, via son « Better life index ». Critiquée pour son caractère trop individualiste, cette définition du bien-être fournit des pistes pour les champs d’action de l’innovation sociale.
Qu'est ce que la biosphère ?
Pratiques publicitaires : le tabou de l’impact social
L’étude "Think me as evil" interpelle les milieux publicitaires, les entreprises anglaises et les journalistes spécialisés, depuis sa parution en octobre. Que nous dit-elle ? Que la publicité a dans sa majorité des impacts sociaux et psychologiques négatifs. Ces impacts devraient davantage être étudiés par les entreprises pour être inclus dans leurs rapports de Responsabilité Sociétale d'entreprise (RSE). Mais attention. « Think me as evil » n’est pas un brulôt d’anti-capitalistes : l'étude est co-réalisée par des professionnels chevronnés de la pub.
Innovation sociale : la définition de l'OCDE
En 2000, l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) a proposé une définition de l’innovation sociale en tant que « réponses nouvelles aux problèmes sociaux, qui améliorent le bien-être individuel et collectif ». Mais il a fallu attendre 2011 pour que l’organisation issue du Plan Marshall fournisse une proposition de définition… du bien-être, via son « Better life index ». Critiquée pour son caractère trop individualiste, cette définition du bien-être fournit des pistes pour les champs d’action de l’innovation sociale.
Qu'est ce que la biosphère ?
- les végétaux "autotrophes" qui tirent leur énergie directement du soleil, via la photosynthèse,
- les animaux "hétérotrophes" qui tirent leur énergie des végétaux ou des autres animaux qu'ils mangent
- les décomposeurs (champignons, bactérie, microfaune) qui décomposent la matière organique, "libérant" les éléments nutritifs indispensables aux végétaux.
Pratiques publicitaires : le tabou de l’impact social
L’étude "Think me as evil" interpelle les milieux publicitaires, les entreprises anglaises et les journalistes spécialisés, depuis sa parution en octobre. Que nous dit-elle ? Que la publicité a dans sa majorité des impacts sociaux et psychologiques négatifs. Ces impacts devraient davantage être étudiés par les entreprises pour être inclus dans leurs rapports de Responsabilité Sociétale d'entreprise (RSE). Mais attention. « Think me as evil » n’est pas un brulôt d’anti-capitalistes : l'étude est co-réalisée par des professionnels chevronnés de la pub.
mercredi 18 mars 2015
Attali agite la COP21
A propos de la conférence Paris Climat COP21, Jacques Attali vient de mettre les pieds dans le plat. Il publie un post un brin provocateur, sur son blog hébergé par l'Express : "A quoi peut encore servir la COP21 ?".
Plusieurs choses surprennent dans ses propos, au point que son billet semble presque être un HOAX :
1. Il met sur le même niveau les climato-sceptiques et les scientifiques du GIEC. Il y a pourtant un consensus scientifique sur l'influence des émissions de GES sur le changement climatique.
2. Tout à son coming out sur une économie positive, il invite la France à torpiller l'agenda de la COP21, pour placer les "solutions" au coeur de la conférence... C'est irréaliste. Les solutions viennent en complément de la négo. sur le climat, mais pas à la place de.... ce que l'ONU et les autres Etats n'accepteront jamais.
3. Il met en avant, du côté des solutions, la moins consensuelle de toutes, l'énergie nucléaire. Or aucun accord sur le climat ne pourra atteindre un consensus sur le nucléaire. Là aussi, cela semble totalement irréaliste, quel que soit le point de vue (pour ou contre) qu'on ait sur le nucléaire.
Le plus drôle est peut-être son affirmation : «L’altruisme est la meilleure façon de lutter contre les émissions de CO2 ». Certes, c'est tout à fait cohérent avec ses efforts (notamment via son ONG Planet Finance) pour promouvoir une philanthropie à la française, mais là aussi, c'est assez inoui. Ne fut-ce que parce que la solution à un problème complexe est une solution multiple.
Au final, les propos de Jacques Attali font probablement déjà la joie des climato-sceptiques, c'est-à-dire, fondamentalement (et quantitativement), de la droite américaine. Ces derniers voient dans la négation du changement climatique un volet parmi d'autres de leur lutte acharnée contre la taxe et contre la régulation de l’État.
Article modifié en oct. 2015 : j'avais été un brin trop véhément envers Jacques Attali.
Crédit photo : fondation pour l'innovation politique, creative commons, Flick
dimanche 8 mars 2015
Dunkin Donuts dit niet aux nanoparticules
En 2013, une
étude identifiait du dioxyde de titane dans le sucre en poudre des
célèbres donuts de Dunkin'Brands. Deux ans plus tard, l'entreprise
américaine vient d'annoncer qu'elle renonce à utiliser ces nanoparticules comme
agent de blanchiment dans ses confiseries. Le résultat d'une pression
menée par l'ONG As You Sow.
Oakland, 5 mars 2015. Communiqué d'As You Sow : « Dunkin'Brands,
la compagnie mère de la chaîne Dunkin'Donuts, a accepté d'enlever
le dioxyde de titane, un agent blanchissant qui est une source
répandue de nanoparticules, de tout le sucre en poudre qu'elle
utilise pour faire ses confiseries « donuts ». En
conséquence de ce progrès, le groupe de pression As You Sow a
retiré sa proposition de résolution actionnariale, qui demandait à
Dunkin ' d'évaluer et de réduire les risques d'utiliser des
nanomatériaux dans ses produits alimentaires ».
Alors qu'en France,
l'utilisation de nanoparticules doit faire l'objet d'un
enregistrement auprès des autorités, sous certaines conditions, aux
Etats-Unis, l'usage de nanoparticules n'est absolument pas réglementé
et les entreprises ont donc tout loisir d'ajouter des nanoparticules
dans leurs produits, sans devoir informer le consommateur. Pour y
voir plus clair, en 2013, l'association As You Sow a réalisé une
étude, Slipping
Through the Cracks: An Issue Brief on Nanomaterials in Food sur la présence de nanoparticules dans l'agro-alimentaire.
Parmi les 2500 entreprises interrogées sur leur utilisation de
nanoparticules, 26 ont répondu.
Dans le cadre de cette étude,
As You Sow a aussi commandé des tests auprès de laboratoires
indépendants, pour évaluer la présence de nano TiO2 (dioxyde de
titane) dans deux types de donuts.
« Les tests ont révélé
des nanoparticules d'une taille égale ou inférieure à 10
nanomètres. (…) Sans qu'on sache si ces particules ont été
ajoutées spécifiquement ou si elles sont un sous-produit de
procédés de fabrication ».
Précisément, le laboratoire
a identifié du titane, à des concentrations allant de 19 à 75
parties par million (ppm), après avoir réalisé une série de
filtrages sur des échantillons de sucre en poudre. La présence du
titane est un indicateur probable de TiO2, puisque, d'après As You
Sow, « le dioxyde de titane est la seule forme de titane
possible (« allowed ») dans la nourriture ». Quel
est le problème ? Le titane, bien qu'il soit considéré comme
biocompatible (inoffensif) dans les implants dentaires, pourrait,
sous sa forme « minuscule », être beaucoup moins
accommodant : des tests de génotoxicité ont par exemple montré
des lésions sur l'ADN de cellules humaines, selon le CNAM.
En 2011, dans la
foulée d'une étude franco-suisse sur ce nanomatériau, le
professeur Jürg Tschopp déclarait au magazine Que Choisir qu'
« avec le dioxyde de titane, on se retrouve dans la même
situation qu’avec l’amiante il y a 40 ans ». Cette molécule est classée depuis 2006 comme "cancérigène possible" par le Centre international de recherche sur le cancer, une institution qui dépend de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
C'est à la suite de son
étude en 2013, qu'As you Sow avait décidé de faire pression sur le premier
fabricant de donuts aux Etats-Unis. Comment ? En mobilisant les actionnaires de l'entreprise, c'est ce qu'on appelle en
France l'engagement actionnarial. Ces efforts ont porté leurs fruits, puisque Dunkin Donuts vient d'annoncer, dans un courrier du 25 février 2015 à l'association, avoir
« reformulé le sucre en poudre utilisé dans les dunkin'
donuts pour ôter le dioxyde de titane ». Les pâtisseries nouvelle version devraient arriver dans les étals prochainement.
En 2013, la France est devenu le premier pays d'Europe à avoir mis en place un dispositif obligatoire de déclaration des substances à l’état nanoparticulaire. Ce dispositif est visible sur le site r-nano.fr Mais pour l'instant il ne permet pas au consommateur lambda de savoir quels sont les produits et les marques qui embarquent des nanoparticules.
Il y a bientôt dix ans que des scientifiques ont demandé une réévaluation du risque du dioxyde de titane sur la santé humaine. Plusieurs études toxicologiques seraient en cours sur le sujet.
Crédit photos : Eric Lewis et Mike Mozart (Flickr, creative commons)
samedi 28 février 2015
Hollande aux Philippines : Diplomatie de la croissance verte
La visite de
François Hollande aux Philippines manifeste le nouveau combat du
président français pour faire avancer la lutte contre le changement
climatique. Les organisateurs avaient mis le
paquet, en embarquant des poids lourds du gouvernement
(Royal, Fabius) et en soignant la partie médiatique, via la présence de deux actrices de renom (Marion Cotillard et Mélanie Laurent) dans la délégation française, et de Nicolas Hulot. Tout ça pour quoi ? Sur le front du futur
accord climat, la visite n'a permis aucune avancée, mais il est vrai que ce n'était pas
l'objectif. Par contre en termes diplomatiques, c'est un relatif succès.
Un « Appel
de Manille » a donc été élaboré par les deux pays, avant d`être lu par Marion Cotillard, à l'intention de la planète bienveillante et mobilisée (hum). Les deux pays appellent les autres états et parties prenantes à s'engager sur un accord climatique d'ici décembre 2015 à Paris. Le texte est touchant,
symbolique, universel, un peu vague. Il est critiqué en détails
par Attac sur son blog Mediapart.
La visite peut toutefois être vue comme un relatif succès diplomatique : tout d'abord, elle
a permis à la diplomatie française de renouer des liens avec ce
pays d'Asie du Sud Est, et de pousser ses entreprises pour des
contrats futurs : c'est la diplomatie de la « croissance verte ». Le voyage manifeste aussi une forme de coopération de bonne augure avec l'ONU, puisque la responsable de la convention Climat, Christiana Figueres,
était du voyage.
Reprises
positives dans les médias étrangers
Autre bon point pour l `Elysée,, les médias
étrangers ont assez largement commenté le voyage, en des termes plutôt positifs. Est-ce dû à la
présence des actrices françaises ? Pour le South China Morning Post, « l'appel
(de Manille) a offert un signe d'unité qui, d'après les deux pays,
pourrait servir de modèle pour les nations riches et pauvres, dont
les divisions ont causé l'échec de la conférence de Copenhague en
2009 ».
Pour le Guardian anglais, « le gouvernement
Aquino a chaleureusement accueilli le voyage de François Hollande,
le premier d'un dirigeant français depuis
que les deux pays ont établi des relations diplomatiques, en 1947 » (1947 ? Cela semble ahurissant).
Fox News, un
média américain longtemps pointé du doigt pour son discours
climato-sceptique, a commenté la visite, sans parti-pris excessif. Fox News a choisi de souligner le volet financier du projet d'accord COP 21 : « Hollande
met en garde contre le manque de financement pour un accord
climatique ». Plusieurs médias ont aussi souligné la présence des entreprises françaises dans la délégation.
Parmi les
entreprises qui ont fait le voyage figuraient Suez, Alstom, Sanofi
et la RATP, qui a remporté en octobre un important contrat pour
moderniser le métro de Manille. Y a-t-il eu des contrats de signés lors du voyage ?
Je n'ai rien vu d'annoncé, pour l'instant. Mais Manille a notamment des grands projets de modernisation de son secteur ferroviaire, qui ne devraient pas laisser insensible Alstom.
Il y a eu une annonce de financement pendant le voyage, mais elle concerne une ONG et c'est la France qui paie : 1,5 million d’euros ont été débloqués à Acted (selon le Monde).
1,5 millions
d'euros pour ACTED
Acted, une grosse
ONG française d'aide humanitaire et de développement, est intervenue aux
Philippines dès 2013, à la suite du typhon de Haiyan. Elle a fourni de l'aide d'urgence
(distribution de riz, de kits de purification de l’eau et de kits pour la
construction de latrines d’urgence, couvertures, Shelterbox ). Elle a aussi développé des actions « travail contre paiement »,
par exemple de déblaiement des routes. C'est ce qu'elle explique sur son site.
Deux ans plus tard,
l'ONG affirme avoir fourni une aide à 380.000 personnes dans le pays. Désormais, elle propose des services de microcrédit et d'aide à
la reconstruction durable.
Adaption :
reconstruire des habitats durables
Une
des actions d'Acted, sur le volet de l'habitat, est d'aider à la
reconstruction durable.
Voici comment l'ONG procède. Je cite la rubrique développement économique de son site web :
Voici comment l'ONG procède. Je cite la rubrique développement économique de son site web :
« ACTED
participe à la reconstruction d’abris individuels en collaboration
avec les bénéficiaires auxquels des « kits » sont distribués.
Ces kits comprennent généralement des poutres pour le toit en bois
ou en métal, des éléments de toitures, les outils nécessaires
pour construire les fondations, les encadrements et fenêtres et,
selon les us, des vitres pour les fenêtres. La distribution des kits
est accompagnée de recommandations et conseils pour en faire le
meilleur usage.
Ces abris tiennent
toujours compte des architectures et matériaux traditionnellement
utilisés dans la zone, et dans les régions exposées aux risques
sismiques, ACTED y adjoint des éléments techniques plus modernes de
résistance aux secousses. Le retour à des conditions de vie normale
est inconcevable si les populations affectées ne disposent pas d’un
toit. »
D'un toit durable, plutôt qu'une tente. C'est à cela qu'une partie du financement français annoncé devrait logiquement servir.
Inscription à :
Articles (Atom)









